Frise chronologique
1216
Siège de Toulouse par Simon de Montfort
Siège de Toulouse par Simon de Montfort
1216 (≈ 1216)
Rencontre avec les consuls près de la porte Villeneuve.
1562
Expulsion des protestants
Expulsion des protestants
1562 (≈ 1562)
Sortie par la porte Villeneuve après les combats.
1783
Rouverture de la porte Villeneuve
Rouverture de la porte Villeneuve
1783 (≈ 1783)
Projet de place lancé par Virebent.
1806
Début des travaux de la place
Début des travaux de la place
1806 (≈ 1806)
Destruction des remparts et construction côté intérieur.
1816
Nomination *place d’Angoulême*
Nomination *place d’Angoulême*
1816 (≈ 1816)
Hommage au duc d’Angoulême après la Restauration.
1835
Renommée *place Lafayette*
Renommée *place Lafayette*
1835 (≈ 1835)
Changement sous la monarchie de Juillet.
1876
Aménagement du square Lafayette
Aménagement du square Lafayette
1876 (≈ 1876)
Installation de la sculpture *Moïse brisant ses fers*.
1908
Inauguration du monument à Goudouli
Inauguration du monument à Goudouli
1908 (≈ 1908)
Hommage au poète toulousain Pèire Godolin.
1918
Nomination *place Wilson*
Nomination *place Wilson*
1918 (≈ 1918)
Hommage au président américain pendant la Première Guerre.
20 août 1974
Classement monument historique
Classement monument historique
20 août 1974 (≈ 1974)
Inscription de la place et de ses immeubles.
2005-2006
Piétonnisation de la place
Piétonnisation de la place
2005-2006 (≈ 2006)
Réduction des voies pour voitures et pavage.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sol de la place (avec jardin et fontaine) et sol des allées du Président-Roosevelt (cad. non cadastré ; domaine public) : inscription par arrêté du 20 août 1974
Personnages clés
| Jacques-Pascal Virebent - Architecte de la ville de Toulouse |
Concepteur de la place et des immeubles. |
| Thomas Woodrow Wilson - 28e président des États-Unis |
Citoyen d’honneur de Toulouse en 1918. |
| Pèire Godolin (Goudouli) - Poète toulousain (XVIIe siècle) |
Auteur du *Ramelet Moundi*, honoré par un monument. |
| Alexandre Falguière - Sculpteur (prix de Rome) |
Co-auteur du monument à Goudouli. |
| Antonin Mercié - Sculpteur (prix de Rome) |
Co-auteur du monument à Goudouli. |
| Paul Pujol - Architecte toulousain |
A adapté le monument à Goudouli pour la place. |
| Jean Rieux - Maire de Toulouse en 1918 |
Initiateur du nom *place Wilson*. |
| Simon de Montfort - Chef militaire croisé |
Rencontra les consuls en 1216 près du site. |
| Gilbert du Motier, marquis de Lafayette - Général et héros des Deux Mondes |
Nom donné à la place en 1835 et 1870. |
| Louis-Antoine d’Artois (duc d’Angoulême) - Prince royal (Restauration) |
Nom donné à la place en 1816. |
Origine et histoire
La place du Président-Thomas-Wilson, située à Toulouse dans le quartier Saint-Georges, trouve ses origines dans un projet urbain initié à la fin du XVIIIe siècle. À l’origine, cet espace était un pré situé à l’extérieur des remparts de la ville, près de la porte Villeneuve, un lieu stratégique lors du siège de 1216 par Simon de Montfort. Au Moyen Âge, cette zone servait de point de sortie pour les protestants chassés de Toulouse en 1562, après les combats de la « Délivrance ». La porte Villeneuve, condamnée symboliquement par les catholiques, fut rouverte en 1783 sous l’impulsion de l’architecte Jacques-Pascal Virebent, qui conçut un projet de double place intérieure et extérieure, inspiré par des aménagements similaires comme celui de Saint-Cyprien.
Les travaux, interrompus par la Révolution, reprirent en 1806 avec la destruction de près de 300 mètres de murailles pour bâtir le côté intérieur de la place et les immeubles qui la bordent. Le côté extérieur fut achevé entre 1817 et 1834. Initialement nommée place Villeneuve, elle prit successivement les noms de place d’Angoulême (1816, en l’honneur du duc d’Angoulême), place Lafayette (1835, après la monarchie de Juillet), puis place Wilson en 1918, en hommage au président américain Thomas Woodrow Wilson, citoyen d’honneur de Toulouse pour son engagement dans la Première Guerre mondiale. L’architecture uniforme des façades, conçue par Virebent, fut imposée dès l’origine, avec des rez-de-chaussée en arceaux abritant des commerces.
Au XIXe siècle, la place devint un lieu central de la vie toulousaine, accueillant cafés, cinémas et une animation nocturne estudiantine. En 1876, le square Lafayette y fut aménagé, abritant la sculpture Moïse brisant ses fers et, plus tard, le monument à Goudouli (1908), dédié au poète toulousain Pèire Godolin. Ce monument, initialement prévu pour la place du Capitole, fut finalisé par les sculpteurs Alexandre Falguière et Antonin Mercié, et l’architecte Paul Pujol. La place, piétonnisée en 2005-2006, conserve aujourd’hui son rôle de lieu de rencontre et de culture, avec son carrousel installé en 2007 et ses espaces verts remarquables, comme le cyprès chauve de Virginie ou le ginkgo biloba.
La place est classée au titre des monuments historiques depuis le 20 août 1974, incluant le sol, le square et les façades des immeubles. Son histoire reflète les évolutions politiques et urbaines de Toulouse, depuis les conflits religieux du XVIe siècle jusqu’aux hommages internationaux du XXe siècle. Les projets avortés, comme la fontaine dédiée au duc d’Angoulême ou la colonne commémorative de la Restauration, témoignent des tensions entre pouvoirs municipaux et administrations centrales. Aujourd’hui, la place Wilson reste un symbole de l’identité toulousaine, mêlant patrimoine architectural, vie étudiante et mémoire historique.